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>> LES AUTRES ENJEUX DU BPA Un enjeu d’expertise : En France, l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) et en Europe l'EFSA (Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire) refusent de réviser une norme basée sur le vieux principe que c’est «la dose qui fait le poison» inadapté aux perturbateurs endocriniens, et ce malgré l'accumulation de données nouvelles montrant un effet à des doses plus basses que la norme.
Cette position repose sur une base scientifique très discutable : assimilation du BPA au paracétamol au motif que les 2 substances ont une fonction phénol commune pour expliquer que, chez l’homme, le nouveau-né est moins sensible que l’adulte (cf avis adopté par le comité ad hoc de l’EFSA le 9 juillet 2008, suite au processus d’interdiction mis en œuvre au Canada) Page 5 du document 3èmé alinéa « No information on the biotransformation of BPA in human neonates is available. However, BPA is a simple phenolic structure without steric hindrance of the OH groups and therefore data on other phenols would be equally applicable. Hence, qualitative conclusions on the biotransformation of BPA in human neonates may be drawn from toxicokinetic data for xenobiotics undergoing sulphation and/or glucuronidation such as the analgesic acetaminophen (paracetamol) ». L’homme est moins sensible que le rat à cause de différences de métabolisation. Cette assertion n’est pas démontrée, le BPA pouvant se conjuguer et se déconjuguer selon les organes. Une étude chez le singe a retrouvé les mêmes effets sur l’atteinte du cerveau que chez le rat. Page 3 du Summary « In addition, the Panel notes that because of the metabolic differences described, exposure to free BPA in adult, fetal and neonatal rats will be greater than in humans and that rats would therefore be more susceptible to BPA-induced toxic effects than humans on a equivalent dose basis ».
Toutes les études menées par des scientifiques financés par l’industrie ne montrent aucun effet (11/11). 90 % des études menées par des équipes indépendantes de l’industrie montrent des effets (94/104) (115 études menées à la date du 31/12/04).(Vom Saal et al , 2005) De nombreuses études ont été publiées mais ne sont pas prises en compte par le comité de l’EFSA : par ex 28 études sur 28 montrent des atteintes du comportement à des doses inférieures à la norme européenne, mais sont écartées au motif de « faiblesses méthodologiques ». L’AFSSA ne fait pas mieux en suivant sans esprit critique cet avis de l'EFSA. LIRE LA SUITE Un enjeu environnemental encore mal évalué : On trouve le BPA dans les eaux usées. Il est toxique pour les organismes aquatiques. Cette question devrait être plus étudiée, car elle pose la question de l’avenir des déchets des plastiques à base de BPA. Un enjeu de gestion du risque : Le BPA est un perturbateur endocrinien. Le fœtus et le nouveau-né sont des populations particulièrement à risque. Par conséquent, il faut agir vite sans attendre d'avoir la preuve lorsque ces enfants arriveront à l'âge adulte. C’est le fondement du principe de précaution : agir en cas de risque grave et irréversible.
Le Canada a fait le choix d'interdire l’utilisation du BPA dans les biberons sur la base du rapport du National Toxicology Program des Etats Unis estimant qu’il y a un risque préoccupant pour le nouveau-né. Les Etats-Unis aussi sont en voie de légiférer sur le BPA. Comment réagir : que propose le RES?
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