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Lexique de la santé environnementale

Nous vous proposons ici un lexique vous permettant de mieux comprendre les notions clés de la santé environnementale :

« Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants » (OMS 2002)
Ils ont des effets néfastes sur les processus de synthèse, de sécrétion, de transport, d’action ou d’élimination des hormones. Ils peuvent, selon leur type, altérer le taux d’hormones dans le sang, les imiter, les bloquer ou encore modifier la quantité d’hormones envoyées aux organes.

L’équilibre de ce système est très fragile, c’est pourquoi les dérèglements qu'ils entrainent dans notre corps peuvent avoir de très lourdes conséquences. En particulier, dans les premières étapes de la vie, nos hormones jouent un rôle aussi important que les gênes dans le développement physiologique de l’individu : les impacts sur le fœtus, le nourrisson, ou l’enfant en croissance peuvent s’avérer irréversibles.

Selon la définition proposée par le bureau européen de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1994 lors de la conférence d’Helsinki :

« la santé environnementale (environmental health) comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures ».

L'augmentation du nombre de maladies chroniques (= maladie non transmissible) dans le monde entier en comparaison aux maladies infectieuses est inquiétant, comme le montre les prévisions de l'OMS ci-dessous :

L'OMS qualifie cette augmentation des maladies chroniques de "défi mondial d'ampleur épidémique" (2011)

Selon l'OMS Europe (11/09/2006) :
86% des décès et 77% de la charge de morbidité seraient dus aux maladies non transmissible en Europe.

Les nanoparticules ou nanomatériaux sont des éléments dont la taille est comprise entre 1 et 100 nanomètres (sachant que 1 nanomètre (nm) est un million de fois plus petit qu’un millimètre). Cette taille nanométrique leurs confère des propriétés qui ont permis des avancées technologiques. On estime qu’elles sont donc utilisées largement depuis quelques années dans l’électroniques, les textiles, les produits pharmaceutiques, agroalimentaires, aéronautiques, automobiles, cosmétiques, optiques, …

Le problème avec les nanoparticules c’est leurs petites tailles. En effet,  l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) à publié le 15 avril 2014 un avis sur les risques potentiels : certains nanomatériaux peuvent être toxiques pour l’Homme et avoir des effets délétères sur les écosystèmes. Ces effets peuvent être : la persistance de nanomatériaux dans les organismes vivants animaux ou végétaux; des retards de croissance, des anomalies ou malformations dans le développement ou la reproduction, le passage de la barrières physiologique, des effets génotoxiques et cancérogènes… (Substance les plus ciblées : les dioxydes de titane et les nanotubes de carbone).

L’épigénétique correspond à l’étude de l’ensemble des modifications de l’expression du génome, c’est-à-dire comment les gènes vont être exprimés ou non dans une cellule. Cela correspond à étudier les changements de l’activité des gènes, ce qui n’implique pas de modification de la séquence d’ADN, qui peuvent être transmises lors de la division cellulaire.

Contrairement aux mutations qui affectent la séquence de l’ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles.

L’épigénétique peut être induite par diverses expositions de l’environnement.

Les hormones sont des messagers chimiques impliqués dans toutes les fonctions biologiques comme la croissance, la reproduction ou encore le métabolisme. Elles contrôlent l’expression des gènes en leur envoyant des informations pour qu’ils s’activent ou se désactivent.
Cet ensemble construit l’équilibre hormonal propre à chacun.

La notion d’environnement recouvre plusieurs données :
– les substances chimiques auxquelles nous sommes exposés via les pesticides, les polluants industriels, les
produits de consommation et les traitements médicaux ;
– les agents physiques tels que les radiations ou d’autres sources environnementales et les substances non chimiques ;
– le mode de vie et les comportements tels que la consommation d’alcool et l’activité physique ;
– les influences culturelles et sociales comme la famille ou la communauté et les facteurs psychosociaux et sociétaux, qui peuvent
eux aussi exercer une influence sur le risque de cancer du sein.

Les maladies chroniques sont des maladies non transmissibles (ex de maladies transmissibles : Sida, Palusdisme...).

Ce terme regroupe les maladies cardio-vasculaires, l'obésité, le diabète, les troubles du comportement et de la reproduction, les cancers, les maladies respiratoires, les maladies neurodégénératives.

Elles touchent le monde entier.

Quelques chiffres clés des maladies chroniques dans le monde :

  • L'obésité à été multipliée par 2 entre 1980 et 2008
  • Les maladies cardiovasculaires touchent 15 millions de personne / an
  • 7,6 millions de personnes décèdent / an d'un cancer
  • La qualité du sperme a diminué de 50% entre 1940 et 1990. 1 français sur 5 est touché par des problèmes d'infertilité aujourd'hui

Molécules fabriquées à raison de 3 millions de tonnes par an dans le monde, les phtalates sont utilisés en tant que plastifiants des PVC pour leur flexibilité et retrouvés dans de nombreux produits de consommations courantes. Depuis février 2017, 4 phtalates (DEHP, DIBP, DBP et BBP) sont reconnus comme PE pour l’humain[1]. DEHP, DnBP, DiBP, BBzP, DnPeP, DiPeP, DHNUP, DnHP et DMEP sont classés comme toxiques pour la reproduction de catégorie 1B.[2]Certains de ces phtalates sont soumis à autorisation avec une limite de concentration (jouets, cosmétiques, dispositifs médicaux) mais ne sont pas forcément interdits.
Le corps humain ne les stocke pas, mais ils sont retrouvés néanmoins chez 99,6% des femmes étudiées dans la cohorte ELFE, ce qui traduit une exposition régulière aux phtalates. La contamination est donc quotidienne, provenant de sources d’exposition multiples et les plus souvent méconnues du grand public (alimentation, cosmétiques, jouets, poussières, médicaments...)

L’Endocrine Society, met en cause les phtalates dans les 6 grands types d’effets liés aux Perturbateurs Endocriniens, soit après exposition directe, soit le plus souvent après exposition pendant la grossesse, les effets survenant pendant l’enfance et à l’âge adulte[1] : obésité , surpoids, diabète ; maladies cardiovasculaires ; reproduction (féminine et masculine), troubles du comportement...

[1]  A. C. Gore et al., « EDC-2 : the Endocrine Society’s second scientific statement on endocrine-disrupting chemicals », Endocrine Reviews, décembre 2015.

[1]ECHA, « Liste des substances extrêmement préoccupantes candidates en vue d’une autorisation sous REACH ».

[2] Rosa Lange et al., « Prioritised substance group: Phthalates & Hexamoll® DINCH® », UBA HMB4EU, 2017.

Sa définition large recouvrant la production, la nourriture, le conditionnement, la cuisson et la conservation des denrées alimentaires.

Le terme « pesticide » dérivé du mot anglais pest (« ravageurs »), il désigne les substances actives ou les préparations (ou produits) utilisées pour la prévention, le contrôle ou l'élimination d'organismes jugés indésirables, qu'il s'agisse de plantes, d'animaux, de champignons ou de bactéries. Il est couramment utilisé comme synonyme pour les produits phytopharmaceutiques. Cependant, le terme de pesticide couvre un concept plus large qui inclut également des produits tels que les biocides, qui ne sont pas destinés à être utilisés sur les végétaux. Ces derniers sont utilisés pour lutter contre des agents pathogènes et des vecteurs de maladies tels que les insectes, les rats ou les souris. (EFSA)
Les pesticides regroupent plus de 1000 substances très hétérogènes tant du point de vue de leur structure chimique, de leurs propriétés que de leur mode d'action sur les organismes cibles (ou nuisibles). Ils peuvent toutefois êtres classés en fonction de l'espèce qu'ils combattent et de leur activité (herbicides, insecticides, fongicides, les acaricides…) ou encore selon leur appartenance à une famille chimique (organophosphorés, pyréthrinoïdes, carbamates…). Le terme résidus désigne quant à lui, les produits de dégradation de ces substances (on parle alors de résidus ou de métabolites) et de molécules interdites, quelquefois depuis de longues années, mais qui, du fait de leur persistance dans l'environnement, peuvent conduire à une exposition des populations. (ANSES)

Concept créé en 2006. "Totalité des expositions à des facteurs environnementaux subis par un organisme humain de sa conception à sa mort" (Circ)
Les périodes de sensibilité sont celles de la grossesse et de la petite enfance, nécessité de protéger ces deux périodes par l'application du programme des 1000 jours de l'OMS mis en avant par la société DOHAD.

La DOHAD : International Society for Developmental Origins of Health and Disease = Société Francophone pour la recherche et l'éducation sur les Origines Développementales, Environnementales et Epigénétiques de la Santé et des Maladies. Cette ONG scientifique précise que "les facteurs environnementaux (ce que nous respirons, mangeons, buvons, activité physique, nos stress, relations psychoaffectives, niveau sociaux et économiques) peuvent avoir un impact sur notre santé et se répercuter sur celle de nos futurs enfants, voire petits-enfants".

Il y a cinquante ans, la majorité des décès dans le monde était causée par des maladies infectieuses. En 2008, la situation s’est inversée. Sur 57 millions de décès survenus dans le monde en 2008, 36 millions sont dus aux maladies non transmissibles principalement les maladies cardio-vasculaires (17 M), les cancers (7,6 M), les maladies respiratoires (4,2 M) et le diabète (1,3 M). La 1ère maladie infectieuse est le SIDA (2,8 M) devant la tuberculose (1,6 M) et le paludisme (0,9 M). Le phénomène est double, : d’une part, progression intrinsèque des maladies chroniques non transmissibles, d’autre part, diminution des maladies infectieuses : c’est ce que l’on appelle la transition épidémiologiqu.
L’environnement est en cause. On peut considérer 5 grands changements majeurs survenus au cours des dernières décennies explicatifs de cette épidémie de maladies chroniques :
• La nourriture ultra-transformée et l’agriculture productiviste
• La contamination chimique généralisée
• La ville éclatée
• Le travail invisible
• Les inégalités croissantes

La transition épidémiologique

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