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Encore une étude sur les effets du BPA à faible dose : action du bisphenol A sur l'intestin démontrée PDF Imprimer Envoyer

Une équipe de l'INRA de Toulouse dirigée par Eric Houdeau  vient de publier une étude sur les effets du Bisphénol chez le rat dans une revue scientifique américaine de haut niveau les PNAS (Proceedings of National Academy of Sciences) .

Cette étude démontre un effet intestinal du BPA jusqu’à une dose 10 fois plus faible que la Dose Journalière Admissible préconisée par l'AFSSA et l'agence européenne l'EFSA.

L'effet observé est un effet sur l’épithélium intestinal. Le BPA diminue la perméabilité de cette voie d'échange de l'eau et des sels minéraux. Il augmente le risque de développer une inflammation intestinale sévère à l’âge adulte. Les auteurs retrouvent cet effet sur des cellules intestinales humaines en culture. Cette étude montre ainsi que le mécanisme de perturbation endocrinienne n'est pas limité aux hormones sexuelles, mais impacte toutes les fonctions de l'organisme.

Il est donc plus que jamais nécessaire de changer le paradigme pour évaluer les risques liés aux substances chimiques. Dans l'immédiat, s'agissant du bisphénol, l'AFSSA a réouvert l'expertise suite aux demandes du RES, mais il n'y a aucune indication sur la façon dont se fait cette réouverture.

Certes André Cicolella et Gilles Nalbone ont été auditionnés au nom du Réseau Environnement Santé, mais c'est évidemment tout à fait insuffisant. L'AFSSA doit auditionner tous les chercheurs ayant travaillé sur la question du bisphénol A, comme l'équipe de Eric Houdeau ou l'équipe de Patrick Fénichel du CHU de Nice qui a publié en juin dernier dans la revue Environmental Health Perspectives.

Mais, plus largement, ce sont les chercheurs impliqués sur les perturbateurs endocriniens qui doivent être sollicités pour donner leur avis. L'AFSSA doit prendre en considération toute la littérature scientifique et pas seulement la poignée d'études publiées par les industriels.

Le RES analyse régulièrement  cette littérature et envoie le résultat de cette veille scientifique à la Ministre de la santé Roselyne Bachelot, à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie et à la direction de l'AFSSA. Entre Mai et Novembre, ce sont 42 articles qui ont été publiés. Une seule étude chez le rat ne retrouve aucun effet. Plusieurs études sont maintenant disponibles chez l'homme, notamment pour la 1ère fois des troubles du comportement ont été mis en évidence chez l'enfant de 2 ans en relation avec l'exposition maternelle pendant la grossesse (Etude Braun aux Etats Unis publiée le 6 Octobre).  

Ces résultats ne sont pas une surprise, car ils pouvaient être prévus à  partir de la trentaine d'études publiées sur le sujet, dont la plupart ont été menées à des doses 5 fois inférieures à la DJA européenne.

Néanmoins, l'agence européenne les a toutes écartées sous le prétexte fallacieux qu'elles posent des problèmes méthodologiques, alors que toutes ces études ont été menées par des équipes universitaires et publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture.
Une autre étude montrant des effets chez l'homme a été publiée le 10 Novembre. Elle montre des troubles de la sexualité chez des ouvriers chinois de sexe masculin exposés professionnellement au BPA.  Là  aussi, ce n'est pas une surprise, puisque cela a été mis en évidence chez le rat depuis plusieurs années (Etude Farabollini, EHP, juin 2002).

En savoir + :
>>> Info INRA
>>> Dossier de presse du 3 décembre 2009 avec le Bulletin de Veille RES sur le Bisphénol A du mois de novembre 2009 + la Synthèse RES des études sur le Bisphénol A de mai à novembre 2009
>>> Vidéo Breast Cancer UK - RES sur le mécanisme des oestrogènes

Mise à jour le Mercredi, 16 Décembre 2009 14:07
 
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