Le Grenelle de la Santé Environnementale a pour objectif de mettre dans le débat public les enjeux de la santé environnementale et de déboucher sur des mesures structurantes. C’est un élargissement des Etats Généraux de l’Alimentation retenu dans le programme du président Emmanuel Macron.

 

« Chacun pourra manger mieux, tout en soutenant nos agriculteurs  et en particulier ceux qui sont en transition. »[1]

 

Il ne serait pas cohérent d’aborder l’alimentation en tant que telle sans prendre en considération la dimension santé liée à l’alimentation, notamment le fait qu’elle soit devenue un vecteur majeur de pollutions (source de 80 % des perturbateurs endocriniens) et une cause majeure, notamment sous la forme de la nourriture ultra-transformée, de la croissance des maladies chroniques : obésité, diabète, cancers, allergies…

« Nous devons forger un nouveau modèle de production et inventer de nouvelles façons de nous déplacer, de nous nourrir, de produire »[2]

 

Le Grenelle de la santé environnementale permettrait de traiter de la question de la crise agricole dans son ensemble. En effet, il serait évidemment logique de s’intéresser aux conséquences environnementales et sanitaires de notre modèle agricole et de développer de nouvelles façons d’agir innovantes.

« La prévention doit devenir la valeur cardinale de la politique de santé en France. Dans ce contexte, la santé environnementale sera une priorité du quinquennat. Cet objectif doit être reflété dans tous les domaines : l’agriculture, l’alimentation, les produits contenant des perturbateurs endocriniens, les transports, le chauffage, etc. »[3]

 

La période de la grossesse et de la petite enfance sont sensibles aux stress chimiques et nutritionnels comme le souligne l’OMS et les données scientifiques actuelles. Ceci a pour conséquence de refonder la politique de santé autour de la protection de cette période sensible, la période des 1000 jours (grossesse et petite enfance).

Le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Ministère des solidarités et de la santé sont les ministères impliqués en priorité, ainsi que ceux de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, de l’éducation nationale et du travail.

Sur l’organisation et la méthode, le plus logique est de partir du précédent Grenelle de 2007, qui a globalement été perçu comme positif.

L’attente de la société sur le sujet de la santé environnementale (par exemple sur les perturbateurs endocriniens, l’utilisation des pesticides) est très forte comme le montrent les sondages. Le Réseau Environnement Santé partage cette vision selon laquelle la santé ne se limite pas à la seule politique de soins et doit devenir un élément majeur de la transition écologique. La crise sanitaire, dont la principale manifestation est la croissance des maladies chroniques est un « défi mondial d’ampleur épidémique…principal défi pour le développement durable en ce début de 21ème siècle » selon l’OMS (Déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU, New York, septembre 2011).

 

Faire face à l’épidémie de maladies chroniques

La croissance des maladies chroniques dans le monde a fait l’objet d’une déclaration à l’occasion de la conférence de New York de septembre 2011 signée par les 184 chefs d’Etat et de gouvernement, dont la France. La déclaration finale qui proclame en son article 1 :

« Nous, chefs d’État et de gouvernement […] reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle […] reconnaissons le rôle primordial des gouvernements et la responsabilité qui leur incombe de faire face au défi des maladies non transmissibles, et l’impérieuse nécessité pour tous les secteurs de la société d’agir et de s’investir pour susciter des réponses efficaces propres à assurer la prévention et la maîtrise de ces maladies. »

 

Protéger les générations futures : « Aucun bébé ne doit naître pré-pollué »

L’environnement d’aujourd’hui conditionne la santé des générations futures. Parmi ces causes environnementales, les perturbateurs endocriniens jouent un rôle majeur et doivent être éliminés le plus possible à la source.

« Jamais l’humanité n’a été confrontée à un fardeau aussi important de maladies en lien avec le système hormonal : cancers du sein, du testicule, de l’ovaire ou de la prostate, troubles du développement du cerveau, diabète, obésité, non-descente des testicules à la naissance, malformations du pénis et détérioration de la qualité spermatique » comme l’ont rappelé les scientifiques dans « Halte à la manipulation de la science ».

Atteindre un tel objectif suppose de mettre en œuvre des réformes structurantes du système de santé pour en faire un objectif porté par l’ensemble de la population ainsi que par les professionnels de santé et les professionnels dont l’activité contribue à créer notre environnement (ingénieurs, architectes, urbanistes, administrateurs…).

 

[1] https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/environnement-et-transition-ecologique

[2] https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/environnement-et-transition-ecologique

[3]  https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/environnement-et-transition-ecologique