Selon l’Institut National du Cancer 433 136 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en France, en 2023. Le nombre de nouveaux cas a doublé entre 1990 et 2023 alors que la population française n’a augmenté que de 17 % dans le même temps. L’épidémie continue donc de progresser mais l’année 2026 ressemble pourtant aux années précédentes. Le mot prévention est bien utilisé mais pour mettre l’accent sur le dépistage. Le lien cancer environnement n’est quasiment jamais évoqué.
La France est ainsi devenue le 9ème pays au monde tous cancers confondus (7ème pour les hommes, 10ème pour les femmes), mais est le 1er pays au monde pour le cancer du sein, le 4ème pour le cancer du pancréas, le 8ème pour le cancer de la prostate … . Pour le cancer du sein, la France occupe la 1ère place non seulement tous âges confondus mais aussi pour les femmes de moins de 50 ans, ce qui montre que l’explication habituelle par le vieillissement n’est pas recevable.
La Cour des comptes constate dans son récent rapport sur le cancer du sein que « les dépenses liées à ce cancer, pour l’Assurance-maladie, se sont élevées à près de 4,7 milliards d’euros en 2023, contre 2,8 milliards d’euros en 2015(+68% ). Sur la même période, le nombre de patientes n’a pourtant augmenté que de 6 % ». Une telle évolution met clairement en péril le système solidaire d’Assurance maladie.
Il n’y a pas de fatalité. Les comparaisons intra-européennes sont éclairantes. Pour le cancer du sein, le pays de l’Union européenne ayant le taux d’incidence le plus faible est la Bulgarie : 2 fois moins tous âges confondus mais aussi 2 fois moins pour les femmes de moins de 50 ans. Au lieu de 65 000 cas annuels, cela serait donc 33000 cas qui pourraient être évités…
Les causes environnementales spécifiques sont aujourd’hui suffisamment identifiées pour promouvoir des actions pour les réduire. Sur le cancer du sein, la revue de littérature publiée par l’équipe américaine de Tiburcio sur « phtalates et cancer du sein » montre que ceux-ci interviennent dans les 3 phases du cancer : initiation, progression et promotion.
Les Inspections générales santé (IGAS) et développement durable (IGEDD) ont proposé dans leur rapport d’évaluation de la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens comme objectif : Zéro exposition aux PE d’ici 15 ans avec des objectifs quantifiables à 5 ans. Cela cible les Perturbateurs Endocriniens non persistants, ceux que l’organisme humain élimine tous les jours et qui correspondent aux grandes familles de PE : Bisphénols, Phtalates et Parabènes. A ce jour aucune suite n’a été donnée à ce rapport.
Il est temps d’avoir une véritable politique de santé environnementale.
