Le toxicologue André Cicolella, président du Réseau environnement santé, revient sur les étapes qui ont abouti au classement du bisphénol A (BPA) comme perturbateur endocrinien, 8 ans après l’alerte du RES.

Le BPA classé « substance extrêmement préoccupante »

16 juin 2017 : l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) reconnaît le Bisphénol A comme perturbateur endocrinien pour l’humain. Le BPA était déjà classé comme toxique pour la reproduction. Sa toxicité est maintenant reconnue comme « substance extrêmement préoccupante », soit le plus haut niveau de toxicité selon les critères de REACH, sur la base des effets sur le développement de la glande mammaire, les fonctions cognitives et le métabolisme.

Le 3 mars 2009, le RES avait organisé une conférence de presse à l’occasion de sa création. Pour illustrer la nécessité de faire de la santé environnementale un axe majeur de la politique de santé, le RES avait lancé une alerte sur le caractère perturbateur endocrinien du Bisphénol A. A ce titre, il demandait son interdiction dans les biberons, en mettant en cause l’expertise biaisée des agences EFSA et AFSSA. Cette alerte était lancée en prenant appui sur la déclaration de Chapel Hill publiée en 2006, par 38 scientifiques spécialistes du Bisphénol A : « Le large spectre d’effets adverses dus aux faibles doses de BPA chez l’animal de laboratoire exposé pendant le développement et à l’âge adulte est une grande source d’inquiétude eu égard au potentiel d’effets adverses similaires chez l’homme.

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